Le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle on arrête de travailler ; en revanche, depuis le 1er juillet 2025, un décret oblige l’employeur à agir dès que Météo-France place le département en vigilance chaleur (jaune, orange ou rouge) : eau fraîche, horaires aménagés, pauses, report des tâches pénibles.
C’est la réponse qui surprend : ni 35 °C, ni 40 °C — aucun chiffre magique n’existe dans la loi. Le législateur a préféré raisonner en obligations de prévention plutôt qu’en seuil couperet, car 32 °C n’ont pas le même effet dans un bureau climatisé, une cuisine ou sur un toit en plein soleil.
Ce que l’employeur doit faire depuis juillet 2025
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 cale les obligations sur les couleurs de la carte de vigilance de Météo-France. Dès l’« épisode de chaleur intense », l’employeur doit notamment adapter les horaires, aménager les postes, renforcer les pauses et fournir de l’eau potable fraîche — sur les chantiers, au moins 3 litres par jour et par travailleur. En vigilance orange ou rouge, il doit réévaluer les risques au quotidien et ajuster les mesures.
Les repères utilisés par les préventeurs
| Situation | Repère indicatif (INRS) |
|---|---|
| Travail de bureau / sédentaire | Vigilance au-delà d’environ 30 °C |
| Travail physique | Vigilance au-delà d’environ 28 °C |
| Chantiers BTP | Eau fraîche : 3 L/jour/travailleur minimum |
| Tout poste | Obligation générale de sécurité de l’employeur |
Ces valeurs de l’INRS sont des repères de prévention, pas des seuils légaux d’arrêt de travail.
Peut-on refuser de travailler s’il fait trop chaud ?
Le droit de retrait existe, mais il s’apprécie au cas par cas : il suppose un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour votre vie ou votre santé (malaises, absence totale d’eau et d’ombre, consignes ignorées en pleine vigilance rouge…). La simple température élevée ne suffit pas à elle seule. Avant d’en arriver là : alerter l’employeur, les représentants du personnel, et au besoin l’inspection du travail, qui peut imposer des mesures.
Mon employeur doit-il fournir de l’eau ?
Oui, de l’eau potable et fraîche dans tous les cas, avec le minimum de 3 litres par jour et par travailleur sur les chantiers.
Le télétravail est-il obligatoire en canicule ?
Non, aucun texte ne l’impose ; c’est l’une des mesures d’adaptation que l’employeur peut mobiliser.
Qui contacter si rien n’est mis en place ?
Les représentants du personnel (CSE) et l’inspection du travail de votre département ; les situations dangereuses peuvent aussi être signalées via les services de prévention (médecine du travail).
Article d’information générale : pour une situation individuelle, rapprochez-vous de l’inspection du travail ou de votre service de prévention et santé au travail.
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