Mauvaise nouvelle pour les ménages qui se chauffent au gaz : le prix repère de vente, publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), augmentera de 6,6 % TTC en moyenne au 1er novembre. L’annonce, faite le 12 octobre, intervient au pire moment du calendrier, à quelques semaines du cœur de la saison de chauffe.
De 182,88 à 194,90 euros le mégawattheure
Concrètement, le prix repère moyen passe de 182,88 €/MWh en octobre à 194,90 €/MWh en novembre. Comme le précise la dépêche AFP relayée par Connaissance des Énergies, seule la part approvisionnement évolue au 1er novembre : c’est bien le coût de la molécule de gaz sur les marchés qui tire la facture vers le haut, et non les coûts d’acheminement ou les taxes.
Dans le détail de la grille applicable à la zone desservie par GRDF, Hello Watt relève un prix du kilowattheure à 0,1576 € pour les ménages chauffés au gaz, contre 0,1456 € en octobre, soit une hausse de 8,3 % sur ce poste. Pour les usages cuisson et eau chaude, le kilowattheure ressort à 0,1903 €, contre 0,1783 €, soit +6,7 %. Les abonnements, eux, ne bougent pas : 12,71 € par mois pour la cuisson et l’eau chaude, 30,07 € par mois pour le chauffage.
Qui est concerné par cette hausse ?
Le prix repère n’est pas un tarif réglementé : depuis la fin des tarifs réglementés du gaz en juillet 2023, il sert de boussole au marché. La hausse du 1er novembre touche donc directement les ménages dont le contrat est indexé sur ce prix repère, une formule très répandue chez les fournisseurs alternatifs. Selon le chiffrage de la CRE repris par Hello Watt, le surcoût atteint 12 € TTC en moyenne sur la seule facture de novembre pour un foyer chauffé au gaz.
Sur une année pleine, l’addition est plus lourde : pour un ménage consommant 13 000 kWh par an, Hello Watt évalue le surcoût à environ 156 € par an, la facture annuelle passant de 2 254 € à 2 410 €. Les clients ayant souscrit une offre à prix fixe échappent en revanche à cette revalorisation, tant que leur période d’engagement tarifaire court.
Pourquoi les prix remontent
La part approvisionnement reflète les prix de gros du gaz sur les marchés européens, qui se tendent traditionnellement à l’approche de l’hiver. Reconstitution des stocks, demande asiatique de gaz naturel liquéfié, aléas géopolitiques : les fondamentaux de l’automne poussent les cours, et le prix repère les répercute avec un décalage d’environ un mois.
Comment amortir le choc sur la facture
Première vérification à faire : la nature de son contrat. L’information figure sur l’échéancier ou dans l’espace client, à la ligne décrivant la formule tarifaire. Un contrat indexé sur le prix repère suivra la hausse de novembre ; un contrat à prix fixe la neutralise. Changer de fournisseur de gaz est gratuit, sans coupure et sans préavis, ce qui permet de faire jouer la concurrence à tout moment, y compris en plein hiver.
Côté consommation, les gestes les plus rentables restent les mêmes : abaisser la consigne de chauffage d’un degré, entretenir sa chaudière avant la saison froide, purger les radiateurs et traquer les pertes de chaleur aux fenêtres. Sur un budget annuel de plus de 2 000 €, chaque pourcent de consommation évitée compte désormais double.
Le prix repère de décembre, attendu à la mi-novembre, dira si cette tension se prolonge sur le reste de la saison de chauffe. Les ménages concernés ont tout intérêt à surveiller ces publications mensuelles de la CRE, devenues le véritable thermomètre du marché du gaz en France.
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